Sur le nucléaire aussi, Donald Trump veut s’imposer comme le « prédateur dominant » OL
Indépendamment des charges qu’ils pourraient porter – nucléaire ou conventionnelle –, les deux sont dangereux déjà par les effets de pollution radioactive de leur propulsion. D’où le surnom de « Tchernobyl volant » du premier et la crainte du tsunami radioactif qu’entraînerait l’utilisation du second. « Ces annonces russes sont avant tout des gesticulations », relève Benjamin Hautecouverture, historien et chercheur à la Fondation pour la Recherche stratégique soulignant que ces nouvelles armes ne changent pas fondamentalement la donne.
Un message avant tout politique pour Donald Trump
L’annonce de la reprise des essais nucléaires américains – si elle se concrétise — serait un tournant après trente-trois ans d’interruption imposée par le traité d’interdiction de 1996. Les autres Etats dotés de la technologie militaire, membres permanents du Conseil de Sécurité, ont tous respecté cet engagement… Au moins en apparence. La Russie comme la Chine estiment en effet que le traité n’interdit pas les essais dits « sous-critiques » c’est-à-dire de très petite puissance. En tout cas il ne s’agit plus depuis des décennies d’explosions dans l’atmosphère mais de tests simulés en profondeur du sol dont l’intérêt technique est par ailleurs très limité. Il n’est pas clair non plus dans le verbe trumpien de savoir s’il s’agit à proprement dit de reprendre des essais nucléaires, ce qui nécessiterait jusqu’à 36 mois de préparation ou de réaliser des tests de vecteurs que toutes les puissances nucléaires, y compris les Etats-Unis continuent de pratiquer.
A quelques jours de l’anniversaire de son élection, le sens de ce très flou message du locataire du bureau ovale est avant tout politique. « Ce que je dis, c’est qu’on va faire des essais nucléaires comme d’autres pays le font », a expliqué Donald Trump, sans répondre précisément à une question portant sur la détonation même de charge nucléaire, que les Etats-Unis n’ont plus pratiquée depuis 1992.