Vaccins anti-Covid-19 : quels sont les derniers effets secondaires recensés ?

De nombreux effets secondaires liés aux vaccins contre le Covid-19 ont été répertoriés par les autorités sanitaires. Quels sont-ils ? On fait le point sur les derniers effets indésirables recensés par l'ANSM et ceux mis en lumière dans différents travaux scientifiques.

79%. C'est le pourcentage de Français qui ont un schéma vaccinal complet au 13 février, selon Santé Publique France. Quatre vaccins sont disponibles en France : le Pfizer/BioNTech, le Moderna, l’AstraZeneca et le Janssen. Un cinquième vient d’être autorisé et complètera bientôt l’arsenal vaccinal français : le vaccin Novavax.

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), qui recense les effets secondaires des différents vaccins anti-Covid-19, rappelle que "comme après toute vaccination, la personne ayant reçu le vaccin peut ressentir des effets indésirables". Dans des fiches à destination des professionnels de santé mises à jour le 23 décembre 2021, elle liste ainsi les effets secondaires des vaccins contre la Covid-19, des plus fréquents aux plus rares.

Au total, 136.085.564 injections ont été réalisées avec Pfizer, Moderna, AstraZeneca et Janssen, selon le dernier point de situation sur la surveillance des vaccins contre la Covid-19 portant sur la période du 14 au 27 janvier 2022. Au total, 137.400 cas d'effets secondaires ont été enregistrés depuis le début de la vaccination. 75% sont considérés comme "non graves" et 25% comme "graves".

Les potentiels nouveaux effets secondaires déclarés par les patients sont également surveillés et référencés par les autorités sanitaires au fur et à mesure.

Vaccin Pfizer : quels sont ses effets secondaires ?

104.822.400 injections ont été réalisées avec le vaccin Pfizer (Comirnaty). Au total, 83.708 cas d’effets secondaires ont été recensés depuis le début de la vaccination. Dans son rapport du 4 février 2022, l’ANSM indique que 74% des effets indésirables sont considérés comme "non graves" et 26 % comme "graves".

Si l’ANSM ne recense pas de nouveau signal ou événement à surveiller sur la période du 14 au 27 janvier 2022, elle rappelle les signaux confirmés, à savoir l’hypertension artérielle, la myocardite et la péricardite. Elle rappelle également les signaux potentiels ou événements déjà sous surveillance, parmi lesquels on retrouve entre autres le zona, les troubles du rythme cardiaque, la pancréatite aigüe, la réactivation à virus Epstein-Barr, le syndrome inflammatoire multisystémique ou encore les troubles menstruels. Concernant ce dernier effet secondaire, la directrice générale de l’ANSM, a indiqué le 1er décembre 2021 lors de son audition au Sénat que "les échanges que nous avons eus avec les professionnels de santé sont rassurants : les troubles sont résolutifs et la plupart du temps de très courte durée".

Dans la fiche mise à disposition des professionnels de santé par l’ANSM récapitulant les effets indésirables du vaccin Pfizer, on retrouve :

Les effets indésirables très fréquents (≥ 1 sur 10) :

  • une réaction au point d’injection (douleur, gonflement)
  • de la fatigue
  • des maux de tête
  • des myalgies
  • des frissons
  • des arthralgies
  • de la fièvre
  • de la diarrhée

Les effets indésirables fréquents (≥ 1 sur 100 à ≤ 1/10) :

  • une réaction au point d’injection (rougeur)
  • des nausées
  • des vomissements

Les effets indésirables peu fréquents (≥ 1 sur 1.000 à ≤ 1/100) :

  • une douleur aux extrémités
  • une lymphadénopathie
  • des insomnies
  • un malaise
  • un prurit au point d’injection
  • des réactions d’hypersensibilité (rash, prurit)
  • une hyperhydrose
  • des sueurs nocturnes
  • une diminution de l’appétit
  • une léthargie
  • une asthénie

Les effets indésirables rares (≥ 1 sur 10.000 à ≤ 1/1.000) :

  • de l'urticaire
  • un angio-œdème

Les effets indésirables très rares (≤ 1/10.000) :

  • une myocardite
  • une péricardite

Les effets indésirables dont la fréquence est indéterminée :

  • une anaphylaxie
  • un gonflement étendu du membre vacciné
  • un gonflement du visage

Vaccin Pfizer : des effets secondaires plus fréquents chez la femme que chez l'homme

Une récente étude israélienne publiée le 3 février 2022 dans la revue scientifique Vaccines, a constaté que les femmes seraient deux fois plus à risque de signaler des effets secondaires à la suite d’une injection au vaccin Pfizer. En effet, selon les scientifiques, les femmes étaient 1,89 fois plus susceptibles d’avoir des effets secondaires après la première dose de vaccin et 1,82 fois plus susceptibles à la suite de la deuxième injection.

Des effets secondaires tels que la fatigue, des douleurs musculaires ainsi que des maux de tête sont davantage fréquents chez les femmes que chez les hommes.

D'après les chercheurs, la proportion de femmes ayant signalé des douleurs musculaires au niveau de l'injection était sept fois plus élevée que les hommes après la première dose et quatre fois plus élevée après la deuxième injection. Le ratio de femmes qui ont signalé des maux de tête était 9,15 fois plus élevée après la première dose et 3,28 fois après la deuxième dose. Des frissons ont également été signalés et sont 5,25 fois plus élevés chez les femmes après la première dose et 4,26 après la deuxième injection.

Les vaccins à ARN messager ne sont pas un danger pour les personnes atteintes d’un cancer

Les personnes atteintes d’un cancer peuvent-elles être vaccinées ? Des scientifiques américains se veulent rassurants : les vaccins à ARN messager, à savoir Pfizer et Moderna, ne représentent pas un danger pour les patients malades d’un cancer. Une étude, menée par le National Comprehensive Cancer Network (NCCN) et publiée début février, a en effet analysé les effets secondaires recensés chez plus de 1.700 personnes malades, entre les mois de février et de mai 2021. Toutes avaient reçu deux injections du vaccin Pfizer à trois semaines d’intervalle. Parmi elles, 1.183 présentaient des antécédents de cancer et 17,8% étaient encore sous traitement. Les résultats des travaux sont formels : les effets indésirables recensés par les personnes atteintes d’un cancer sont exactement les mêmes que ceux qui ont pu se déclarer chez le reste de la population. Les vaccins à ARN messager semblent donc sans danger pour ces patients. Selon les auteurs de l’étude, ils n’avaient jamais "été inclus" dans la plupart des études pilotes sur les vaccins contre le Covid-19, et ce "malgré leur vulnérabilité à l’infection".

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